mercredi 26 mai 2010

Je n'aime pas quand Internet m'apporte les mauvaises nouvelles

Je n'aime pas quand Internet m'apporte des mauvaises nouvelles en levant des doutes qui seraient restés en l'état sinon.
En effet ce soir, en cherchant des nouvelles d'un ami perdu de vue, j'ai fini par trouver qu'il s'était suicidé il y a plusieurs années... sa famille a publié une video en hommage sur Daily Motion. Les photos, les prénoms et les informations qui sont dans le texte qui accompagne la video ne laissent aucun doute.
Ce garçon s'appelait Benjamin et on avait quasiment le même âge. Il faisait partie de cette bande d'amis des vacances en Bretagne qui s'était déplacée et agrandie à Paris. Nous avions fait nos coming-out respectifs en même temps auprès de nos amis communs et ça nous avait rapproché...

Seulement Benjamin avait une maladie : l'alcoolisme. Il buvait tout ce qui trainait, tout ce qui était possible et même les parfums. Quand je n'ai plus eu de nouvelles dans le milieu des années 2000 il était déjà vraiment malade de cela, et la page d'hommage que je viens de trouver sur Daily Motion laisse supposer qu'il a fini par se suicider quelques temps après. On n'était pas des amis très proches mais on avait des histoires communes.

Internet est redoutable pour trouver des informations. Là ce soir, pour une fois, je suis triste d'avoir retrouvé quelqu'un que je cherchais.

jeudi 20 mai 2010

Comment je suis passé à côté d'une rencontre

Il y a 3 ans, j'ai connu sur un site de drague un mec assez sympa, S. Il est en couple et assez timide, et on a longuement parlé sur msn. Avec le temps il a fini par avoir confiance, m'a montré sa photo et un soir il y a quelques semaines, on a tous les deux allumés les webcams. S. est vraiment mignon, typiquement le genre de mec qui me fait tripper : grand, très fin, imberbe. En plus, à force de discuter avec lui de choses et d'autres j'ai appris à l'apprécier. Mais étant encore plus sauvage que moi, à chaque fois qu'on devait se faire une rencontre IRL il l'annulait au dernier moment et donc je ne l'ai toujours pas rencontré "en personne".

La semaine dernière, j'avais rendez-vous chez un médecin pas loin de Sevres Babylones. Donc j'ai pris le métro et je suis descendu à cette station. Dans un couloir j'ai croisé un grand mec brun, très beau, très mince, qui était de toute évidence perdu dans ses pensées. Je me suis dit immédiatement "c'est S.". Mais je ne suis pas physionomiste du tout (au point qu'un jour je n'ai pas reconnu un cousin dans la rue), je n'étais donc pas sûr, et de plus j'ose rarement aborder les mecs ; et donc je ne l'ai pas interpellé...
Hier soir, après quelques jours d'absence, S. est réapparu sur MSN. Je lui ai demandé si, la semaine dernière à cette heure là il n'avait pas pris le métro à Sévres Babylone. Il m'a répondu que c'était sa station et son heure :(
J'ai donc le sentiment d'avoir bien déconné sur ce coup là :( Bon, S. vient de me proposer que je passe le voir cette semaine, mais j'ai peur qu'il annule une nouvelle fois, alors que ça aurait été tellement plus simple de l'aborder l'autre jour dans le métro...

lundi 17 mai 2010

Accro à Berthillon

Il y a quelques semaines, j'ai découvert qu'une petite épicerie fine de mon quartier était dépositaire des glaces Berthillon, et qu'elle avait le parfum plombières. La glace plombières étant mon parfum préféré je me suis précipité, parce que c'est un parfum assez difficile à trouver. La glace était délicieuse, et donc ça m'a donné envie d'essayer d'autres parfums de Berthillon. J'en ai acheté une partie dans cette épicerie fine et le reste directement chez Berthillon dans leur boutique l'île Saint Louis. Et donc, voilà le résultats des essais.

  • Glace plombières : elle est excellente. Le goût du kirsch est très fort, mais j'aime beaucoup. Il y a beaucoup de fruits confits, elle est très gouteuse. J'ai vite fini le pot... celui de la photo est le deuxième :)
  • Glace vanille : c'est une de celle qui a fait la réputation de Berthillon. Elle est vraiment très bonne, le goût de vanille est fort, et la glace est très dense. Pas comme dans les pots de glace industrielle où il y a beaucoup d'air.
  • Glace feuilles de menthe : le goût est réellement celui de la menthe fraiche. J'ai bien aimé cette glace, mais je pense que je ne l'utiliserais pas comme dessert, mais par exemple avec une entrée aromatisée à la menthe (concombre au yaourt, ou taboulé libanais).
  • Glace au réglisse : le goût de réglisse est très fort, trop fort pour moi même. Je n'ai pas aimé ce parfum et pourtant j'aime vraiment la réglisse, mais je trouve que le goût est presque écoeurant.

  • Sorbet fraise des bois : là, aucune hésitation, ce sorbet est une vraie tuerie. C'est même carrément addictif ! Le goût est réellement celui de la fraise des bois, c'est sucré mais pas en excès... vraiment j'adore. Là encore en quelques semaines j'en suis déjà au deuxième pot d'1/2 litre.
  • Sorbet mandarine : celui là je l'aime aussi beaucoup. Un bon goût d'agrume, on sent bien le fruit aussi, moins acide que le citron.
  • Sorbet citron : un bon sorbet. On sent bien le goût du citron et l'acidité est bien là. Je l'aime un peu moins que les deux autres sorbets, mais il est meilleur que tous les sorbets au citron que j'ai mangé jusque là.

Voilà pour le moment. Vraiment Berthillon j'adore (pas loin d'être déjà accro), et je pense que j'essaierai d'autres parfums à l'avenir.

mardi 4 mai 2010

Retour à la lecture

Pendant toute mon enfance et mon adolescence, j'ai énormement lu. En effet, il n'y avait pas la télé à la maison (mes parents étaient contre) et du fait de mes soucis de santé je ne pouvais pas trop sortir. Donc, je lisais beaucoup, et tout ce qui me passait sous la main (j'étais capable de lire le livre de recette de Ginette Mathiot in extenso, j'ai lu plusieurs fois le dictionnaire, etc etc). Paradoxalement, je n'ai jamais lu les classiques : je trouvais ça ennuyeux... mes livres préférés étaient les romans policiers et les livres d'épouvante.
A 23 ans, j'ai fini par emménager avec ma soeur, après mes 6 ans passé seul dans ma chambre de bonne (sans télé, là encore). Et un des premiers achats que nous avons fait ensemble a été un combi télé/magnétoscope. Dès lors, je me suis mis à regarder la télé de façon intense, comme pour rattraper tout ce que j'avais manqué, et j'ai quasiment arrêté de lire (en dehors des journaux bien sûr). Le seul moment où je reprenais des livres était, en général, les vacances en Bretagne puisqu'il n'y a ni télé ni ADSL dans la maison. Et ainsi, pendant 13 ans, je n'ai presque plus lu, consacrant presque tout mon temps disponible à la maison, à regarder des séries télé.

Mais depuis 2 mois j'ai des insomnies... Alors, de façon à m'endormir plus facilement, le médecin m'a recommandé de couper le PC et la télé un peu plus tôt et de lire avant de me coucher, et d'écouter un peu de musique aussi. Et c'est ainsi que je me suis remis à lire... j'ai lu tous les livres en retard qu'on m'avait offerts, parfois depuis plusieurs mois, et j'ai repris mes vieux bouquins préférés que j'avais abandonné depuis longtemps. Ce sentiment est étrange, c'est comme si je retrouvais de vieux amis... et j'ai repris l'habitude de lire à d'autres moments, le week-end surtout. Je ne suis pas revenu à cette boulimie que j'ai pu avoir vers 17-18ans où je passais ma vie à la bibliothèque, mais ça revient doucement.

vendredi 30 avril 2010

Religieuses à la vanille

Après deux articles futiles sur la religion, je reviens à un sujet fondamental : la nourriture.

Je suis dingue de patisserie ; non pas que j'aime en faire (en fait, en cuisine, je n'aime pas trop faire des gateaux) mais j'adore en manger. Le samedi je m'achete au moins deux gateaux pour le dimanche : un éclair à la vanille et un autre gâteau.
J'ai de la chance, j'ai trouvé un très bon pâtissier dans mon quartier, qui fait des éclairs à la vanille. C'est mon parfum préféré pour les éclairs, mais on ne trouve finalement très peu à Paris (alors que les éclairs à la pistache deviennent courants). Mais il y a encore meilleur : les religieuses à la vanille ! Quand j'étais ado, le pâtissier de mes parents, qui était Compagnon du tour de France et donc connaissait même les gâteaux peu courants à Paris, m'en faisait sur commande (si, si...). Mais maintenant je n'arrive plus à en trouver.

Je lance donc un appel solennel : si vous connaissez dans Paris, un pâtissier qui fait des religieuses à la vanille, merci de laisser un commentaire ici ou de m'écrire à newem 75 at gmail point com !

mercredi 28 avril 2010

Gay et protestant (2)

Un de mes bien-aimés lecteurs me faisait remarqué hier que mon billet précédent manquait d'exemple montrant que mon homosexualité a bien été accueillie dans mon église, donc en voilà un petit peu plus.

En fait, ce n'est pas un sujet dont on a beaucoup parlé, heureusement d'ailleurs... Simplement, le fait que je sois homosexuel et membre de l'Eglise est considéré comme un fait établi et il n'y a pas matière à discussion.
Evidemment, cela ne s'est pas su tout de suite : je suis engagé dans la communuaté depuis l'âge de 16-17 ans et je n'ai fait mon coming-out que beaucoup, beaucoup plus tard. Au moment où j'ai fini par le faire vers 24 ans, j'ai parlé de mon homosexualité à ma famille et à mes amis les plus proches. Un peu plus tard j'ai fait de même dans l'Eglise, où j'en ai parlé à certaines personnes dont j'étais très proche, dont la pasteure, et puis, ayant dit que ça n'était pas confidentiel, ça s'est su.
Or, j'étais entre mes deux mandats de membre du conseil (j'ai fait une pause de 3 ans) et j'allais me faire élire à nouveau, et à ce moment là il faut se présenter aux conseillers en poste et dire qui on est et pourquoi on veut se faire élire. Je me suis présenté comme "Vincent, gay et célibataire, ingénieur en informatique" et j'ai parlé de ma foi et de la raison de mon engagement. Sujet évacué, et j'ai été élu à l'Assemblée générale un mois plus tard.

Finalement, je me suis rendu compte que tout le monde était vraiment au courant quand certaines des "petites vieilles" (dont certains disent qu'elles sont mon "fan club"...) de la paroisse sont venues me voir.
En gros, elles me reprochaient surtout attendu longtemps pour le dire (j'avais 26 ans à ce moment là) comme si je cachais un secret honteux alors que, selon elles, cela n'en était pas un et que, comme nous étions amis, j'aurais du le dire plus tôt ! J'ai répondu qu'effectivement ce n'était pas un secret honteux et que je ne le vivais pas comme cela, mais que ça faisait seulement 2 ans que ma famille et mes plus proches amis étaient au courant et qu'il n'y avait pas de raison particulière d'en parler. Ca a donné lieu à des discussions marrantes : une de ces vieilles dames voulaient me présenter son petit fils mais hélas, le petit fils l'ayant accompagnée au culte et m'ayant vu, il avait considéré que "je n'était pas son genre" au désespoir de la petite dame qui nous aurait bien vu ensemble...
Une autre de ces dames, qui avait 92 ans et faisait les soupes de nuit de l'Armée du salut et portait, depuis toujours, le ruban rouge de la lutte contre le sida. Elle voulait m'offrir des préservatifs, il a fallu que je lui explique gentiment que je savais depuis longtemps me débrouiller pour en avoir... Une autre encore m'a expliqué qu'il ne fallait pas penser, juste parce que c'était une vieille dame et qu'on était dans le cadre d'une église, qu'elle aurait nécessairement des idées obtuses : "tu comprends Vincent quand j'ai vraiment été très malade, les seuls, dans mon immeuble, qui se sont souciés de moi, ce sont les deux jeunes gays de l'appartement au dessus. Cel a remis en cause plein de mes a priori !". Une autre encore m'a parlé du suicide des jeunes gays auquel elle était confronté quotidiennement en tant qu'écoutant à "SOS Amitié".

Je ne voulais pas être "le gay de service" qui est là et qui donne bonne conscience à tout le monde, mais finalement quelques semaines plus tard on ne parlait plus de ça et au final un autre gay est rentré au conseil 3 ans plus tard...

Enfin, il y a l'aspect theologique. Certains citent la Bible pour justifier du rejet des homosexuels, et citent en particulier des passages du Deutéronome. Si on le lit en entier, on se rendra compte que ce livre biblique contient une collection d'interdictions dont personne n'a rien à faire ("ne sème pas 2 semences différentes dans le même champ") et qu'étonnament on ne cite en général que celles qui concernent les homosexuels. Les protestants réformés pensent que la Bible et la vie du Christ nous donnent des enseignements sur la façon dont nous devons mener nos vies, mais en aucun cas que tous les passages de la Bible doivent être mis en pratique au pied de la lettre !

mardi 27 avril 2010

Gay et protestant

Les développements récents sur les prêtres pédophiles dans l'Eglise catholique romaine m'avaient fait réagir sur la différence entre chrétien et catholique. En effet, les catholiques sont des chrétiens, mais ce ne sont pas les seuls. Les protestants, les orthodoxes et les anglicans sont chrétiens aussi ; en fait on est chrétien dès lors qu'on croit que Christ est mort et ressucité.
Pour ma part, je suis protestant, membre de l'Eglise réformée de France, et donc chrétien.

Déjà, un peu d'explication : Eglise réformée = église protestante de tradition calviniste. Je ne vais pas faire un grand cours d'histoire et de théologie là-dessus, je ne suis absolument pas assez compétent pour le faire. La plupart des informations importantes sont sur le site protestants.org en tout cas ce qu'il faut retenir c'est que l'Eglise réformée est la plus importante église protestante en France (même si elle est archi minoritaire par rapport à l'Islam et à l'Eglise catholique romaine). Et en ce qui me concerne, j'appartient à une paroisse de Paris depuis des années, et pendant des années je me suis énormément impliqué dans ses activités.
La paroisse est dirigée par le Conseil presbytéral (dont j'ai été longtemps membre, et même vice président et plus récemment, secrétaire). Ce conseil est élu par les fidèles (réunis en association). Le conseil a le pouvoir, c'est lui qui qui "gère" la paroisse (y compris au niveau des finances) et il prend toutes les décisions, y compris choisir le-la pasteure (et le-la virer, dans certains cas). C'est donc un fonctionnement démocratique, qu'on retrouve jusqu'au plus haut des instances de l'Eglise réformée.

Il ne m'a jamais paru incompatible d'être gay et d'avoir un engagement dans ma paroisse. Je suis, notamment, gay, et je suis, notamment, chrétien (mais pas seulement). Ce sont deux parmi les composantes qui font ma personnalité, et pour moi elles ne sont pas incompatibles entre elles. Dans ma paroisse, tout le monde sait que je suis gay et je n'ai jamais senti de différence par rapport aux autres membres de la paroisse de la part de qui que ce soit... Plus globalement, et même si à mon avis l'Eglise réformée de France a encore du chemin à faire, elle ne tient pas des positions intolérantes voire homophobes comme le font d'autres églises... et elle n'essaye pas de changer les gens en ce qu'ils ne sont pas.

Aujourd'hui, je me suis mis un peu en retrait de ces engagements, non pas parce que mes idées et conviction ont changé, mais parce qu'après plus de 15ans d'engagement j'avais envie de passer à autre chose. Je suis toujours membre de la communauté et je vais de temps en temps le dimanche matin au temple. J'essaye d'avoir une vie chrétienne, ce qui ne signifie pas, pour moi, être triste, austère et perpétuellement sérieux (l'image qu'on se fait habituellement des protestants), mais au contraire d'être ouvert vers les autres, honnête et et profitant de la vie.

Bien mieux que mes mots, un article de Têtu qui illustrait les réflexions des églises protestantes sur l'accueil des gays et les cérémonie de bénédiction. Egalement, le blog du pasteur Stéphane Lavignotte, qui participe à toutes les luttes contres les discriminations.