lundi 28 janvier 2013

Hier, j'ai manifesté en famille

Hier, pour la seconde fois de ma vie j'ai manifesté. Pour le mariage pour tous, pour l'Egalité.

Je ne reviens pas sur les raisons qui m'ont poussé à manifester, j'en ai assez parlé dans mes posts précédents, et . Le discours homophobe, agressif et haineux des opposants m'a même poussé à prendre sur moi et à participer à des tractages pour cette manifestation... voilà où on en est :(

Non cette fois ci, je voudrais revenir sur deux choses qui m'ont touché pendant cette manifestation.


La première chose qui m'a touché, c'est que ce n'était pas une manifestation de gays. Certes nous étions nombreux, mais c'était vraiment très mélangé. Les parents et familles d'homos étaient là, mais aussi tous ceux qui, solidaires, sont venus juste pour participer à cette lutte pour nos droits et manifester leur soutien. Il me semble important que toute la société se mobilise pour l'Egalité et contre l'homophobie. On en entend tellement ces temps-ci que cela fait du bien de sentir qu'il y a une réelle mobilisation en faveur de nos droits. Au passage, j'ai vraiment été touché par le baiser gay des deux députés Yann Galut et Nicolas Bays... c'est simple, mais très symbolique et avec une grande portée.


La seconde chose qui m'a touché à l'occasion de cette manifestation, c'est la présence de ma famille. Ma mère ne pouvait pas venir étant malade, mais mon père, mes deux soeurs, mon beau-frère et mon neveu de 3 ans sont venus. Cela m'a vraiment touché, profondément. Le chemin n'a pas été simple pour eux depuis mon coming-out en 1998 ; à cette époque mes parents ne savaient des gays que ce que les médias en montraient. Mais je suis leur fils aimé, et ils ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour me comprendre, et partager la vie que je leur avais cachée jusque là. Je les ai vus changer petit à petit et aujourd'hui, ma mère s'engueule systématiquement avec toute personne qui, en sa présence, dit du mal des gays (volontairement et involontairement). Il y a eu quelques clashs dans la famille...

Mes parents et mes sœurs ont non seulement été révolté par toute l'homophobie qui a été déversée par les opposants au mariage mais aussi se sont senti vraiment concernés par cette lutte pour l'égalité. Et donc, dès que la manifestation du 27 janvier en faveur du Mariage pour tous a été annoncée, ma mère a dit qu'elle viendrait, suivie ensuite par le reste de la famille.

Déjà, cette décision m'avait touché. Mais hier, je l'ai été encore plus. Leur présence m'a touché, mais aussi ce qu'ils m'ont dit "ce n'est même pas normal que les homos aient à se battre pour l'égalité. Mais puisque c'est le cas, on sera avec vous jusqu'au bout" (je cite mes sœurs). Et surtout, mon père qui a tenu à aller jusqu'à Bastille, m'a dit ces mots, quand je l'ai remercié d'être venu : "pourquoi me remercier ? je sais à quoi je tiens, et s'il faut manifester à nouveau, je viendrai encore". Cela m'a rappelé ses mots, il y a quelques années, la première fois que nous avions parlé ensemble de mariage et d'adoption pour les gays : "je suis pour, tout ce qui ira dans le sens de l'égalité et l'intégration, je suis pour".

Tout le monde n'a pas la chance d'avoir des parents comme les miens. Alors j'en profite vraiment. Et surtout, de savoir que leur soutien m'accompagne et plus globalement, nous accompagne dans ce combat, ça me motive encore plus pour ne rien laisser passer et continuer à lutter pour nos droits et contre l'homophobie.

dimanche 16 décembre 2012

Aujourd'hui, j'ai manifesté pour la première fois

Aujourd'hui, j'ai manifesté pour la première fois. Ça ne m'était jamais arrivé, parce que jusqu'à aujourd'hui je n'avais jamais trouvé de vraie cause qui me motive pour manifester.

Mais aujourd'hui, ça valait vraiment la peine. Les opposants aux mariage pour tous nous agressent de leur flot vomitif et haineux, alors que ce projet de loi est une avancée réelle pour l'égalité. Et en plus, pour leurs petites vies traditionnelles, cela ne changera rien... il s'agit donc d'un rejet uniquement motivé par la haine des gays-bi-trans et le rejet de l'évolution de la société.

Il fallait aussi montrer à la Gauche que les partisans de ce projets de loi se mobilisent et son nombreux. Qu'on veut le mariage, l'adoption, mais aussi la PMA, et qu'il n'est pas question d'un projet de loi au rabais qui fasse juste le minimum.


Et donc pour la première fois de ma vie j'ai manifesté. Soyons clair,  je n'étais vraiment pas content d'avoir à manifester. Tout ceci tombe tellement sous le sens. Pourquoi avoir à manifester pour l'égalité, alors que c'est un droit et un des fondements de la République ?


Ceci dit, il le fallait. Alors, on est allé manifester. Et vraiment, je n'ai pas regretté d'être venu. D'abord, cette foule. 150 000 d'après les organisateurs, 60 000 d'après la police. En fait le chiffre précis, on s'en fout ! On était vraiment nombreux et pendant que les premiers arrivaient à Luxembourg, les derniers étaient encore à Bastille !
Il y avait plein de familles, des gens de tous les âges, des gays, des hétéros, des bis. Et c'est ça qui compte vraiment : que cette égalité ne soit pas demandée seulement par ceux qui sont concernés, mais aussi par les hétéros et tous ceux qui croient que la France est un pays d'égalité. Que cela soit une question de principe, et non plus une demande d'une partie de la population.

Et sur ce point, cette manifestation m'a convaincu que c'était gagné.

Et d'ailleurs, tout à l'heure j'ai eu ma mère au téléphone. Elle m'a dit simplement qu'elle marcherait avec nous à la prochaine manifestation (j'en suis vraiment très ému).

Je suis presque impatient de cette prochaine manifestation (le 27 janvier), en fait. Je suis persuadé que, encore plus nombreux, avec nos familles, nos amis, nos alliés, nous montrerons notre motivation au gouvernement pour obtenir cette égalité que nous exigeons ; ce sera encore une occasion pour montrer à ceux qui nous refusent l'égalité que l'homophobie ne passera pas.

jeudi 29 novembre 2012

Deux "petits amoureux"

Dans le RER ce soir une femme en face de moi racontait à sa voisine que son fils, à l'école maternelle, avait un "petit amoureux". J'ai écouté discrètement cette conversation intéressante.

Ce qui était frappant, c'est que la mère, clairement, s'en fichait totalement que ce soit d'un autre gamin que son fils soit amoureux. Elle était surtout attendrie comme on peut l'être quand un gamin de 5 ans parle de sa première amourette.

Également, la mère racontait que l'instituteur avait été gêné par ça et de toute évidence ne savait pas trop comment se comporter, jusqu'à ce qu'il comprenne que les parents des deux gamins s'en fichaient éperdument. La mère le critiquait d'ailleurs d'attacher de l'importance à une amourette d'enfant de cet âge là.

Il y avait un contraste réel entre la mère et sa voisine de train/collègue/copine qui écoutait l'histoire. La voisine en question semblait être un océan de clichés et posait des question stupides comme "mais alors, ton fils il n'aime pas le bleu ? il joue à la poupée ?" ce qui d'ailleurs agaçait un peu la mère. La voisine également minimisait l'histoire avec des remarques comme "oh si ça se trouve y sont pas amoureux", ce à quoi la mère répondait "oh, ils sont amoureux comme des enfants de 5 ans, mais ils se font des ptits bisous".

Cette petite histoire, pour moi, est représentative de notre époque.
D'un côté la plupart des gens qui simplement s'en fichent qu'on tombe amoureux de quelqu'un du même sexe ou d'un sexe différent.
Et de l'autre, les gens qui restent avec des clichés comme "attiré par des garçons = aime le rose" ou "de toute façon ce ne peut pas être sérieux" ou encore "deux petits garçons amoureux, c'est gênant". J'aimais bien la réaction de la mère qui, simplement, s'en fichait et racontait tout ça avec une immense tendresse. J'espère que, bientôt, tout le monde réagira comme ça. Mais nous avons encore du chemin à faire.

mardi 20 novembre 2012

Je ne suis pas un militant

Je ne suis pas un militant, je n'ai jamais aimé l'être. Peut-être parce que je ne suis pas très courageux, ou peut-être parce je ne trouve pas de cause qui justifie que j'y mette mes tripes. Mais en tout cas je ne le suis pas. Même, je n'aime pas parler de politique parce que c'est un sujet pour lequel il est difficile de garder la tête froide et de débattre calmement. Je suis plutôt du genre à faire des bisous et des câlins pour résoudre les problèmes (si si promis, ça aide bien).

Mais j'ai toujours dit qu'il y a un sujet pour lequel je pourrais un jour me transformer en militant et sortir de ma réserve. Un seul sujet. L'homophobie.

J'ai la chance de vivre mon homosexualité sans problème. De mon boulot à mes amis, de ma famille à la paroisse protestante dont je suis membre, tout mon entourage le sait et s'en fiche que je sois gay. Mes parents et mes soeurs sont mes plus grands fans, et quoi que je fasse, à leurs yeux c'est bien. Mon coming-out n'a pas été un moment facile pour mes parents, mais voilà je suis leur fils et ils m'aiment, et ils aiment tout ce que je fait et tout ce que je suis, et s'engueulent avec toute personne qui, en leur présence, manifeste le moindre soupçon d'homophobie (ça a été chaud avec certains de mes oncles et tantes, d'ailleurs).

L'autre jour j'ai parlé avec ma mère. Elle est une spécialiste de l'histoire du droit du mariage, excusez du peu, et pendant des années je l'ai entendu dire que le mariage c'était un homme et une femme, point. Le jour où elle a su que j'étais gay, imaginez à quel point elle a eu mal pour moi de ses propos et de comment ils m'avaient blessé. Et elle s'en veut encore. Dimanche donc, j'ai parlé avec ma mère. De sa position sur le mariage. On n'en avait jamais reparlé depuis au moins 10 ans. Et là elle m'a dit "pour les hétéros cela ne changera rien. Et pour les homos cela donnera l'égalité. Donc je suis pour le mariage pour tous. Et je ne comprends pas ceux qui manifestent contre : qu'est ce que ça va bien changer pour eux ?!". I love my Mum. Quant à mon père, depuis toujours, ce vieux post-soixante-huitard dit "je suis pour tout ce qui va dans le sens de l'égalité". I love my Dad.

Je m'égare, je ne voulais pas parler autant de mes parents à la base mais c'est la faute de ThyHee.

Donc, j'ai la chance d'être un gay qui ne subit pas l'homophobie. Ceci dit, c'est le cas aujourd'hui mais ça n'a pas été le cas avant. Les brimades au collège et au lycée parce que j'étais maniéré, j'y ai eu droit. Les insultes aussi "tapette", "tarlouze" je connais. L'envie de se suicider, le sentiment d'être perdu et seul, je sais ce que c'est.
Alors l'homophobie et ses manifestations me remuent les tripes. Ca me touche au plus profond de moi. Le fait même d'écrire cela me le fait revivre et me fait pleurer.
Et quand je vois et j'entends tous ces gens vomir sur nous, déverser leur haine, juste parce que je suis (un peu) différent d'eux, ça me bouleverse. Ca me rappelle des temps que j'aurais préféré oublier. Ces connards me font pleurer, m'empêchent de dormir et me retournent le coeur.

Mais... ils n'ont pas gagné. Même, ils ont déjà perdu. Parce que de toute façon cette loi passera. Parce que, grâce à ces connards qui vomissent sur nous, tous les gays qui pensaient que nous étions totalement intégrés dans la société se rendent compte que c'est une erreur, que rien n'est gagné, et que nos droits on devra rester vigilants pour les garder ; que l'homophobie existe encore et qu'elle est puissante, avec des soutiens.
Ces connards homophobes ont déjà perdu, parce qu'aujourd'hui des voix, parmi toute la société civile et même religieuse, commencent à s'élever contre ce déferlement de haine. Parce que même ceux qui étaient favorables au mariage pour tous mais s'en fichaient du débat, on commence à les entendre.

Je ne suis pas un militant, je n'ai jamais aimé l'être. Ah si. Là aujourd'hui je suis un militant. Un militant du mariage pour tous. On va gagner, et on va gagner ensemble. Et jusque là, on ne lâchera pas.




mardi 4 septembre 2012

60 000 tweets

Voilà c'est le 60 000ème tweet. Le premier que j'ai écrit date de mai 2009...
60 000 tweets dont :
- beaucoup de bonjour, de hello, et de bisous
- plein de hugs ("je suis le grand nounours qui fait des calins")
- les salutations noctambules "Je vous aime et je vous embrasse (c'est une citation, savez vous de qui ?)
- un certain nombre de tweets pornos avant que je déménage les interactions de mon tumblr sur un autre compte Twitter
- de l'informatique
- des transports en commun
- le quotidien.
Mais au delà des tweets proprement dits, il y a aussi tous l'aspect humain. Les rencontres que j'ai pu faire grâce à Twitter. Des potes, mais aussi de vrais amis. De ceux sur qui on peut compter. Quelques aventures, et une très belle histoire aussi, un an avec mon loulou avant qu'il ne parte loin. Les apéros, les soirées, les fêtes...

Alors, qu'on ne me dise pas que Twitter c'est du virtuel et du superficiel. Ceux qui écrivent ça sont ceux qui ne s'en servent pas, ou qui n'essayent pas d’interagir avec les gens.
Pour ma part, je pense que j'ai eu de la chance. J'aurais pu tomber sur de mauvaises personnes, ou bien passer sur Twitter et ne pas rester. Heureusement, cela n'a pas été le cas.
Merci mes followings, merci mes followers :)

samedi 25 août 2012

Voyage à Montréal : un peu d'émotion et de chouettes vacances (partie 2)

C'est presque la fin de mes vacances d'août, et je me rends compte que je n'ai toujours pas écrit mon 2ème billet sur mes vacances de juillet à Montréal (si vous voulez lire la 1ère partie, c'est ici).

Avant ce voyage, j'étais déjà venu plusieurs fois à Montréal, à différentes saisons, mais pour le travail. A chaque fois je repartais aussi vite que j'étais arrivé, sans prendre le temps de visiter, et en logeant dans un hôtel en banlieue, à Boucherville. Donc, en ce qui concerne le centre ville, j'avais tout à découvrir.


Pendant ces 6 jours passés avec le loulou, nous avons vraiment beaucoup marché. Il m'a fait découvrir le centre, la rue Sainte Catherine et le Village, découvrir la vue depuis le Mont-Royal. Nous avons aussi flâné dans les parcs, rencontrés les amis du loulou, mais aussi regardé un des feux d'artifice du samedi sur le Saint Laurent, et passé du temps à un festival sur l'Ile Sainte Hélène au parc Jean Drapeau. Pas mal de shopping (de magasinage !) aussi (je me suis acheté deux paires de Converse superbes).

C'était vraiment une bonne semaine. J'ai apprécié la ville, les gens, l'ambiance. Mais on a beau être dans une province francophone du Canada, c'est un monde vraiment différent du nôtre.


La première chose qui m'a frappé, c'est que c'est une ville très aérée. Pas de constructions massives, des immeubles de deux étages et beaucoup d'espaces verts. Il y a de la place pour bouger et des grandes avenues. Le métro a peu de lignes mais son fonctionnement est similaire à celui de Paris ; le matériel roulant est même assez proche. Beaucoup de bus, et on se déplace donc facilement.

Le deuxième point, c'est l'anglais. Il ne faut pas croire que Montréal est une ville francophone ; c'est une ville bilingue. Montréal Ouest parle anglais principalement, et Montréal Est parle français principalement. Mais la plupart des commerces vous accueillent dans la langue que vous parlez, ce qui est agréable. L'accueil est souvent délicieux, d'autant que les serveurs sont toujours payés au pourboire, ce qui les incite à prendre soin du client. Mais je ne pensais pas que la place de l'anglais était aussi importante.

Un point très surprenant concerne la démographie. En France et dans les ville (en particulier à Paris), il y a beaucoup de familles et d'enfants. On en voit partout et c'est pour nous normal. A Montréal, cherchez les dans la rue : en fait, il y en a, mais il faut les chercher pour les voir. La tranche des 40 ans et plus est sur-représentée, il y a aussi des étudiants, mais on a l'impression que certaines tranches d'âge ont tout simplement disparu. Dans le Village qui tient lieu de quartier gay, c'est marquant, aussi. Où sont passés les minets ?!!

La ville est belle, elle est accueillante, comme les Québécois ; elle est ouverte, et de toute évidence tolérante. Il y a plein de festivals, d'expositions, en été et on ne s'y ennuie pas ; en plus, ce n'est pas très cher voire gratuit. C'est une ville portuaire aussi, et j'aime tellement les ports...


Mais pour autant, je ne pense pas que j'aimerais vivre à Montréal. Attention, j'ai vraiment aimé mon séjour, ces visites et le temps que j'y ai passé et même, j'aimerais bien revenir et visiter un peu plus les environs. Mais je ne pense pas que ce serait une ville où j'aimerais vivre à l'année : c'est calme, voire indolent, alors que j'aime la foule, le monde, ce qui bouge. Les festivals estivaux semblent être là pour bouger la ville et cela marche bien, mais combien cela doit être calme en hiver ! Et les gens sont très gentils, mais il ne faut pas les bousculer...

Il y a quelques années, mon employeur m'avait proposé une mutation à Montréal, que j'avais refusée. J'ai vraiment apprécié ce voyage, mais il m'a aussi donné l'occasion de confirmer que j'avais fait le bon choix en refusant de venir vivre à Montréal. Simplement, je pense que je m'y serais ennuyé.


Dans quelques mois je vais devoir y revenir comme avant pour le travail. Cette fois-ci, je vais essayer de prendre le temps de trainer en ville, et ne pas me prendre un hôtel en banlieue. De plus, j'aimerais bien revenir en vacances pour découvrir un peu plus les environs et l'extérieur de Montréal. On verra si j'ai des occasions ou des raisons de revenir, et si je n'en ai pas, je les créerai.

dimanche 22 juillet 2012

Voyage à Montréal : un peu d'émotion et de chouettes vacances (partie 1)

Je suis allé passer quelques jours à Montréal. C'était prévu depuis avril, je suis allé voir mon ex, le loulou, qui était donc parti pour vivre là bas. Pour éviter d'être trop long, je coupe mon article en deux : cette partie-ci sur les émotions qu'on provoqué chez moi ces retrouvailles, et le second sur la ville de Montréal en elle-même.


Quand le loulou est parti vivre à Montréal il y a un an, nous avions décidé que je viendrais le voir. Mais en fait, je n'étais pas vraiment sûr que cela aurait lieu. Je vis toujours très mal les ruptures et je savais que pour celle là cela allait être difficile à vivre autant que les précédentes, voire plus encore. Alors, aller le voir et risquer de raviver ces blessures, je n'étais pas sûr que ce serait une bonne idée.
Et puis, après avoir passé pas mal de mois, nous en avons reparlé, il avait envie que je vienne et je me suis rendu compte que j'avais envie d'aller le voir. Deux rendez-vous sur Skype nous ont permis de fixer les dates, puis de choisir un hôtel.

J'ai vraiment été content de le retrouver, en fait. Cela m'a fait plaisir. Deux bavards qui se retrouvent : nous avons beaucoup parlé (beaucoup beaucoup beaucoup). De ce que nous avions vécu pendant l'année, de nos amis, de nos familles, de nos vies. Il m'a montré sa ville et me l'a fait vraiment aimé. Nous avons tellement marché que mes pieds, 5 jours après mon retour, me font encore mal !


Comme je m'y attendais, ces retrouvailles m'ont beaucoup ému. Je suis quelqu'un d’extrêmement émotif, alors faire un hug au mec que j'avais aimé pendant un an, ça m'a quand même fait quelque chose.

J'étais ému tout d'abord parce qu'une semaine à côté de lui m'a ramené à un "comme avant" qui n'est cependant que l'illusion de ce que nous avons connu quand nous étions tous les deux. Mais moi qui suis nostalgique, je me suis retrouvé très vite projeté un an en arrière dans de cette violente nostalgie des moments heureux partagés ensemble.

J'étais ému aussi parce qu'il m'avait manqué et que j'étais content de l'avoir retrouvé. Il ne s'agissait pas de sentiments qui maintenant n'existent plus, mais parce que le loulou, tout en étant mon ex, reste quelqu'un dont je suis proche et qui me manque quand il n'est pas là. Je suis de ceux qui n'aiment pas s'éloigner des gens qu'ils apprécient, et je reste toujours proche de mes ex. Je connais ses qualités et ses défauts et je les ai appréciés, et ce n'est pas parce que nous avons rompu que les qualités qui me plaisaient chez lui ont disparu.

Bon, je parle d'émotions, mais je n'ai pas pleuré hein ! enfin si quand même, dans le taxi vers l’aéroport de Montréal en repartant, comme quand je vais voir mes amis proches et que je rentre, triste et ému après un bon moment (oui je suis TRÈS émotif). Ce qui compte, c'est que malgré la séparation, la distance entre nous et nos vies tellement différentes, nous continuions à bien nous entendre et à apprécier le temps ensemble. Pour le coup, c'était vraiment réussi.