Il y a presque deux mois, le matin où il y avait du verglas sur les trottoirs parisiens, j'ai fait une très mauvaise chute. En tombant sur le coude droit, je me suis fracturé la tête de l'humérus avec plusieurs complications. J'ai du me faire opérer, et il s'en est suivi 6 semaines de convalescence, bloqué à la maison. Les 3 premières semaines ont été difficiles car je ne pouvais strictement rien faire de ma main droite. Puis, avec la rééducation, j'ai récupéré progressivement de l'autonomie.
Ces semaines auraient pu être pénibles et ennuyeuses. Elles ne l'ont pas été, au final. Pourquoi ? Simplement, parce que pas un seul jour je ne suis resté seul. J'ai eu plein de visites. D'amis proches, mais aussi de personnes que je ne connaissais pas tant que ça et que j'ai été content de découvrir à cette occasion. Certains amis sont venus de loin juste pour me visiter.
J'ai aussi eu plein de SMS, d'appels, et des propositions d'aide nombreuses.
Tout cela m'a vraiment touché. Très profondément. Cela m'a montré que l'amitié n'est pas un mot en l'air : grâce à vous mes amis, je ne me suis jamais senti seul, je ne me suis jamais inquiété à propos des choses que je ne pouvais pas faire seul. A tous : merci mes amis, du fond du cœur.
Une dernière précision : tous les amis qui sont venus, tous sans exception, je les ai rencontrés sur Internet : IRC, sites "de rencontre", Twitter. Celui qui osera me dire que les rencontres sur Internet sont superficielles, je lui répondrai que c'est juste parce qu'il n'a pas rencontré les bonnes personnes.
Merci à vous mes amis. Comme j'aime le dire : je vous aime et je vous embrasse.
lundi 6 mai 2013
mercredi 13 février 2013
Nous avons gagné une bataille
Une nouvelle bataille est gagnée : hier, mardi 12 février 2013, l'Assemblée nationale a voté le texte du Projet de loi pour le mariage pour tous. Rien que d'écrire ces mots, l'émotion m'étreint et des larmes de joie me viennent comme hier au moment du vote solennel de l'Assemblée nationale.
Par ce vote, c'est une nouvelle bataille qui est gagnée. Une nouvelle bataille, dans la lignée du vote du 4 août 1982, qui a fixé la majorité sexuelle à 15 ans pour les relations sexuelles homosexuelles et hétérosexuelles, alors qu'elle était jusque là de 18 ans pour les relations homosexuelles, et du vote du 13 octobre 1999 de la loi instaurant le Pacte civil de solidarité.
Le chemin vers l'égalité est long. Depuis 1999, aucune avancée majeure n'avait eu lieu, les gouvernements de droite ayant résolument pris le parti de toujours rejeter les avancées vers l'égalité pour les homosexuel-les. D'ailleurs et comme le notait un ami twitto, en 30 ans seuls 8 député-e-s de droite ont voté pour l'égalité.
Dans cette nouvelle décennie, la première bataille a été l'élection de François Hollande à la Présidence de la République le 6 mai 2012. Puis, la seconde et peut-être la plus importante, a été la victoire de la Gauche aux Elections législatives de 2012. A partir de ce moment là, on savait que les jours allaient être plus cléments pour les gays.
Aujourd'hui, le vote du texte de loi pour le Mariage pour tous qui a eu lieu hier n'est vraiment qu'une première étape.
En effet, le texte doit maintenant être voté au Sénat, puis, si celui-ci vote un texte différent, retour à l'AN puis encore au Sénat pour les articles votés différemment.
Puis si ce sont encore des versions différentes qui sont votés par le Sénat et l'Assemblée nationale, passage en Commission mixte paritaire et finalement, en cas de divergence ultime, dernier passage à l'Assemblée nationale qui aura le dernier mot.
Après cela, si l'opposition dépose un recours auprès du Conseil Constitutionnel, il faudra attendre l'arrêt de celui-ci pour que le Président de la République puisse enfin promulguer le texte.
Tout ceci pourrait être long, surtout si le Sénat modifie le texte voté par l'Assemblée Nationale. Nous ne sommes pas au bout de nos peines et la guerre n'est pas encore gagnée.
Mais néanmoins c'est une victoire, une bataille gagnée, célébrons là comme il se doit ! C'est aussi un cuisant échec pour les opposants homophobes et leurs manifestations haineuses ! Nous avons gagné, et nous allons encore gagner !
Merci à Christiane Taubira, qui a porté ce texte, avec Dominique Bertinotti. Merci à Erwann Binet, le rapporteur. Merci à tous les député-es qui ont tenu les longues heures de débat parfois tard dans la nuit, et merci à tous ceux qui ont voté ce texte ! On ne vous oubliera pas.
C'est une première -grande- bataille gagnée, nous comptons sur vous pour la suite. Vous pouvez compter sur notre soutien total ! Une bataille est gagnée, bientôt nous aurons gagné la guerre.
Par ce vote, c'est une nouvelle bataille qui est gagnée. Une nouvelle bataille, dans la lignée du vote du 4 août 1982, qui a fixé la majorité sexuelle à 15 ans pour les relations sexuelles homosexuelles et hétérosexuelles, alors qu'elle était jusque là de 18 ans pour les relations homosexuelles, et du vote du 13 octobre 1999 de la loi instaurant le Pacte civil de solidarité.
Le chemin vers l'égalité est long. Depuis 1999, aucune avancée majeure n'avait eu lieu, les gouvernements de droite ayant résolument pris le parti de toujours rejeter les avancées vers l'égalité pour les homosexuel-les. D'ailleurs et comme le notait un ami twitto, en 30 ans seuls 8 député-e-s de droite ont voté pour l'égalité.
Dans cette nouvelle décennie, la première bataille a été l'élection de François Hollande à la Présidence de la République le 6 mai 2012. Puis, la seconde et peut-être la plus importante, a été la victoire de la Gauche aux Elections législatives de 2012. A partir de ce moment là, on savait que les jours allaient être plus cléments pour les gays.
Aujourd'hui, le vote du texte de loi pour le Mariage pour tous qui a eu lieu hier n'est vraiment qu'une première étape.
En effet, le texte doit maintenant être voté au Sénat, puis, si celui-ci vote un texte différent, retour à l'AN puis encore au Sénat pour les articles votés différemment.
Puis si ce sont encore des versions différentes qui sont votés par le Sénat et l'Assemblée nationale, passage en Commission mixte paritaire et finalement, en cas de divergence ultime, dernier passage à l'Assemblée nationale qui aura le dernier mot.
Après cela, si l'opposition dépose un recours auprès du Conseil Constitutionnel, il faudra attendre l'arrêt de celui-ci pour que le Président de la République puisse enfin promulguer le texte.
Tout ceci pourrait être long, surtout si le Sénat modifie le texte voté par l'Assemblée Nationale. Nous ne sommes pas au bout de nos peines et la guerre n'est pas encore gagnée.
Mais néanmoins c'est une victoire, une bataille gagnée, célébrons là comme il se doit ! C'est aussi un cuisant échec pour les opposants homophobes et leurs manifestations haineuses ! Nous avons gagné, et nous allons encore gagner !
Merci à Christiane Taubira, qui a porté ce texte, avec Dominique Bertinotti. Merci à Erwann Binet, le rapporteur. Merci à tous les député-es qui ont tenu les longues heures de débat parfois tard dans la nuit, et merci à tous ceux qui ont voté ce texte ! On ne vous oubliera pas.
C'est une première -grande- bataille gagnée, nous comptons sur vous pour la suite. Vous pouvez compter sur notre soutien total ! Une bataille est gagnée, bientôt nous aurons gagné la guerre.
lundi 28 janvier 2013
Hier, j'ai manifesté en famille
Hier, pour la seconde fois de ma vie j'ai manifesté. Pour le mariage pour tous, pour l'Egalité.
Je ne reviens pas sur les raisons qui m'ont poussé à manifester, j'en ai assez parlé dans mes posts précédents, là et là. Le discours homophobe, agressif et haineux des opposants m'a même poussé à prendre sur moi et à participer à des tractages pour cette manifestation... voilà où on en est :(
Non cette fois ci, je voudrais revenir sur deux choses qui m'ont touché pendant cette manifestation.
La première chose qui m'a touché, c'est que ce n'était pas une manifestation de gays. Certes nous étions nombreux, mais c'était vraiment très mélangé. Les parents et familles d'homos étaient là, mais aussi tous ceux qui, solidaires, sont venus juste pour participer à cette lutte pour nos droits et manifester leur soutien. Il me semble important que toute la société se mobilise pour l'Egalité et contre l'homophobie. On en entend tellement ces temps-ci que cela fait du bien de sentir qu'il y a une réelle mobilisation en faveur de nos droits. Au passage, j'ai vraiment été touché par le baiser gay des deux députés Yann Galut et Nicolas Bays... c'est simple, mais très symbolique et avec une grande portée.
La seconde chose qui m'a touché à l'occasion de cette manifestation, c'est la présence de ma famille. Ma mère ne pouvait pas venir étant malade, mais mon père, mes deux soeurs, mon beau-frère et mon neveu de 3 ans sont venus. Cela m'a vraiment touché, profondément. Le chemin n'a pas été simple pour eux depuis mon coming-out en 1998 ; à cette époque mes parents ne savaient des gays que ce que les médias en montraient. Mais je suis leur fils aimé, et ils ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour me comprendre, et partager la vie que je leur avais cachée jusque là. Je les ai vus changer petit à petit et aujourd'hui, ma mère s'engueule systématiquement avec toute personne qui, en sa présence, dit du mal des gays (volontairement et involontairement). Il y a eu quelques clashs dans la famille...
Mes parents et mes sœurs ont non seulement été révolté par toute l'homophobie qui a été déversée par les opposants au mariage mais aussi se sont senti vraiment concernés par cette lutte pour l'égalité. Et donc, dès que la manifestation du 27 janvier en faveur du Mariage pour tous a été annoncée, ma mère a dit qu'elle viendrait, suivie ensuite par le reste de la famille.
Déjà, cette décision m'avait touché. Mais hier, je l'ai été encore plus. Leur présence m'a touché, mais aussi ce qu'ils m'ont dit "ce n'est même pas normal que les homos aient à se battre pour l'égalité. Mais puisque c'est le cas, on sera avec vous jusqu'au bout" (je cite mes sœurs). Et surtout, mon père qui a tenu à aller jusqu'à Bastille, m'a dit ces mots, quand je l'ai remercié d'être venu : "pourquoi me remercier ? je sais à quoi je tiens, et s'il faut manifester à nouveau, je viendrai encore". Cela m'a rappelé ses mots, il y a quelques années, la première fois que nous avions parlé ensemble de mariage et d'adoption pour les gays : "je suis pour, tout ce qui ira dans le sens de l'égalité et l'intégration, je suis pour".
Tout le monde n'a pas la chance d'avoir des parents comme les miens. Alors j'en profite vraiment. Et surtout, de savoir que leur soutien m'accompagne et plus globalement, nous accompagne dans ce combat, ça me motive encore plus pour ne rien laisser passer et continuer à lutter pour nos droits et contre l'homophobie.
Je ne reviens pas sur les raisons qui m'ont poussé à manifester, j'en ai assez parlé dans mes posts précédents, là et là. Le discours homophobe, agressif et haineux des opposants m'a même poussé à prendre sur moi et à participer à des tractages pour cette manifestation... voilà où on en est :(
Non cette fois ci, je voudrais revenir sur deux choses qui m'ont touché pendant cette manifestation.
La première chose qui m'a touché, c'est que ce n'était pas une manifestation de gays. Certes nous étions nombreux, mais c'était vraiment très mélangé. Les parents et familles d'homos étaient là, mais aussi tous ceux qui, solidaires, sont venus juste pour participer à cette lutte pour nos droits et manifester leur soutien. Il me semble important que toute la société se mobilise pour l'Egalité et contre l'homophobie. On en entend tellement ces temps-ci que cela fait du bien de sentir qu'il y a une réelle mobilisation en faveur de nos droits. Au passage, j'ai vraiment été touché par le baiser gay des deux députés Yann Galut et Nicolas Bays... c'est simple, mais très symbolique et avec une grande portée.
La seconde chose qui m'a touché à l'occasion de cette manifestation, c'est la présence de ma famille. Ma mère ne pouvait pas venir étant malade, mais mon père, mes deux soeurs, mon beau-frère et mon neveu de 3 ans sont venus. Cela m'a vraiment touché, profondément. Le chemin n'a pas été simple pour eux depuis mon coming-out en 1998 ; à cette époque mes parents ne savaient des gays que ce que les médias en montraient. Mais je suis leur fils aimé, et ils ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour me comprendre, et partager la vie que je leur avais cachée jusque là. Je les ai vus changer petit à petit et aujourd'hui, ma mère s'engueule systématiquement avec toute personne qui, en sa présence, dit du mal des gays (volontairement et involontairement). Il y a eu quelques clashs dans la famille...
Mes parents et mes sœurs ont non seulement été révolté par toute l'homophobie qui a été déversée par les opposants au mariage mais aussi se sont senti vraiment concernés par cette lutte pour l'égalité. Et donc, dès que la manifestation du 27 janvier en faveur du Mariage pour tous a été annoncée, ma mère a dit qu'elle viendrait, suivie ensuite par le reste de la famille.
Déjà, cette décision m'avait touché. Mais hier, je l'ai été encore plus. Leur présence m'a touché, mais aussi ce qu'ils m'ont dit "ce n'est même pas normal que les homos aient à se battre pour l'égalité. Mais puisque c'est le cas, on sera avec vous jusqu'au bout" (je cite mes sœurs). Et surtout, mon père qui a tenu à aller jusqu'à Bastille, m'a dit ces mots, quand je l'ai remercié d'être venu : "pourquoi me remercier ? je sais à quoi je tiens, et s'il faut manifester à nouveau, je viendrai encore". Cela m'a rappelé ses mots, il y a quelques années, la première fois que nous avions parlé ensemble de mariage et d'adoption pour les gays : "je suis pour, tout ce qui ira dans le sens de l'égalité et l'intégration, je suis pour".
Tout le monde n'a pas la chance d'avoir des parents comme les miens. Alors j'en profite vraiment. Et surtout, de savoir que leur soutien m'accompagne et plus globalement, nous accompagne dans ce combat, ça me motive encore plus pour ne rien laisser passer et continuer à lutter pour nos droits et contre l'homophobie.
dimanche 16 décembre 2012
Aujourd'hui, j'ai manifesté pour la première fois
Aujourd'hui, j'ai manifesté pour la première fois. Ça ne m'était jamais arrivé, parce que jusqu'à aujourd'hui je n'avais jamais trouvé de vraie cause qui me motive pour manifester.
Mais aujourd'hui, ça valait vraiment la peine. Les opposants aux mariage pour tous nous agressent de leur flot vomitif et haineux, alors que ce projet de loi est une avancée réelle pour l'égalité. Et en plus, pour leurs petites vies traditionnelles, cela ne changera rien... il s'agit donc d'un rejet uniquement motivé par la haine des gays-bi-trans et le rejet de l'évolution de la société.
Il fallait aussi montrer à la Gauche que les partisans de ce projets de loi se mobilisent et son nombreux. Qu'on veut le mariage, l'adoption, mais aussi la PMA, et qu'il n'est pas question d'un projet de loi au rabais qui fasse juste le minimum.
Et donc pour la première fois de ma vie j'ai manifesté. Soyons clair, je n'étais vraiment pas content d'avoir à manifester. Tout ceci tombe tellement sous le sens. Pourquoi avoir à manifester pour l'égalité, alors que c'est un droit et un des fondements de la République ?
Ceci dit, il le fallait. Alors, on est allé manifester. Et vraiment, je n'ai pas regretté d'être venu. D'abord, cette foule. 150 000 d'après les organisateurs, 60 000 d'après la police. En fait le chiffre précis, on s'en fout ! On était vraiment nombreux et pendant que les premiers arrivaient à Luxembourg, les derniers étaient encore à Bastille !
Il y avait plein de familles, des gens de tous les âges, des gays, des hétéros, des bis. Et c'est ça qui compte vraiment : que cette égalité ne soit pas demandée seulement par ceux qui sont concernés, mais aussi par les hétéros et tous ceux qui croient que la France est un pays d'égalité. Que cela soit une question de principe, et non plus une demande d'une partie de la population.
Et sur ce point, cette manifestation m'a convaincu que c'était gagné.
Et d'ailleurs, tout à l'heure j'ai eu ma mère au téléphone. Elle m'a dit simplement qu'elle marcherait avec nous à la prochaine manifestation (j'en suis vraiment très ému).
Je suis presque impatient de cette prochaine manifestation (le 27 janvier), en fait. Je suis persuadé que, encore plus nombreux, avec nos familles, nos amis, nos alliés, nous montrerons notre motivation au gouvernement pour obtenir cette égalité que nous exigeons ; ce sera encore une occasion pour montrer à ceux qui nous refusent l'égalité que l'homophobie ne passera pas.
Mais aujourd'hui, ça valait vraiment la peine. Les opposants aux mariage pour tous nous agressent de leur flot vomitif et haineux, alors que ce projet de loi est une avancée réelle pour l'égalité. Et en plus, pour leurs petites vies traditionnelles, cela ne changera rien... il s'agit donc d'un rejet uniquement motivé par la haine des gays-bi-trans et le rejet de l'évolution de la société.
Il fallait aussi montrer à la Gauche que les partisans de ce projets de loi se mobilisent et son nombreux. Qu'on veut le mariage, l'adoption, mais aussi la PMA, et qu'il n'est pas question d'un projet de loi au rabais qui fasse juste le minimum.
Et donc pour la première fois de ma vie j'ai manifesté. Soyons clair, je n'étais vraiment pas content d'avoir à manifester. Tout ceci tombe tellement sous le sens. Pourquoi avoir à manifester pour l'égalité, alors que c'est un droit et un des fondements de la République ?Ceci dit, il le fallait. Alors, on est allé manifester. Et vraiment, je n'ai pas regretté d'être venu. D'abord, cette foule. 150 000 d'après les organisateurs, 60 000 d'après la police. En fait le chiffre précis, on s'en fout ! On était vraiment nombreux et pendant que les premiers arrivaient à Luxembourg, les derniers étaient encore à Bastille !
Il y avait plein de familles, des gens de tous les âges, des gays, des hétéros, des bis. Et c'est ça qui compte vraiment : que cette égalité ne soit pas demandée seulement par ceux qui sont concernés, mais aussi par les hétéros et tous ceux qui croient que la France est un pays d'égalité. Que cela soit une question de principe, et non plus une demande d'une partie de la population.
Et sur ce point, cette manifestation m'a convaincu que c'était gagné.
Et d'ailleurs, tout à l'heure j'ai eu ma mère au téléphone. Elle m'a dit simplement qu'elle marcherait avec nous à la prochaine manifestation (j'en suis vraiment très ému).
Je suis presque impatient de cette prochaine manifestation (le 27 janvier), en fait. Je suis persuadé que, encore plus nombreux, avec nos familles, nos amis, nos alliés, nous montrerons notre motivation au gouvernement pour obtenir cette égalité que nous exigeons ; ce sera encore une occasion pour montrer à ceux qui nous refusent l'égalité que l'homophobie ne passera pas.
jeudi 29 novembre 2012
Deux "petits amoureux"
Dans le RER ce soir une femme en face de moi racontait à sa voisine que son fils, à l'école maternelle, avait un "petit amoureux". J'ai écouté discrètement cette conversation intéressante.
Ce qui était frappant, c'est que la mère, clairement, s'en fichait totalement que ce soit d'un autre gamin que son fils soit amoureux. Elle était surtout attendrie comme on peut l'être quand un gamin de 5 ans parle de sa première amourette.
Également, la mère racontait que l'instituteur avait été gêné par ça et de toute évidence ne savait pas trop comment se comporter, jusqu'à ce qu'il comprenne que les parents des deux gamins s'en fichaient éperdument. La mère le critiquait d'ailleurs d'attacher de l'importance à une amourette d'enfant de cet âge là.
Il y avait un contraste réel entre la mère et sa voisine de train/collègue/copine qui écoutait l'histoire. La voisine en question semblait être un océan de clichés et posait des question stupides comme "mais alors, ton fils il n'aime pas le bleu ? il joue à la poupée ?" ce qui d'ailleurs agaçait un peu la mère. La voisine également minimisait l'histoire avec des remarques comme "oh si ça se trouve y sont pas amoureux", ce à quoi la mère répondait "oh, ils sont amoureux comme des enfants de 5 ans, mais ils se font des ptits bisous".
Cette petite histoire, pour moi, est représentative de notre époque.
D'un côté la plupart des gens qui simplement s'en fichent qu'on tombe amoureux de quelqu'un du même sexe ou d'un sexe différent.
Et de l'autre, les gens qui restent avec des clichés comme "attiré par des garçons = aime le rose" ou "de toute façon ce ne peut pas être sérieux" ou encore "deux petits garçons amoureux, c'est gênant". J'aimais bien la réaction de la mère qui, simplement, s'en fichait et racontait tout ça avec une immense tendresse. J'espère que, bientôt, tout le monde réagira comme ça. Mais nous avons encore du chemin à faire.
Ce qui était frappant, c'est que la mère, clairement, s'en fichait totalement que ce soit d'un autre gamin que son fils soit amoureux. Elle était surtout attendrie comme on peut l'être quand un gamin de 5 ans parle de sa première amourette.
Également, la mère racontait que l'instituteur avait été gêné par ça et de toute évidence ne savait pas trop comment se comporter, jusqu'à ce qu'il comprenne que les parents des deux gamins s'en fichaient éperdument. La mère le critiquait d'ailleurs d'attacher de l'importance à une amourette d'enfant de cet âge là.
Il y avait un contraste réel entre la mère et sa voisine de train/collègue/copine qui écoutait l'histoire. La voisine en question semblait être un océan de clichés et posait des question stupides comme "mais alors, ton fils il n'aime pas le bleu ? il joue à la poupée ?" ce qui d'ailleurs agaçait un peu la mère. La voisine également minimisait l'histoire avec des remarques comme "oh si ça se trouve y sont pas amoureux", ce à quoi la mère répondait "oh, ils sont amoureux comme des enfants de 5 ans, mais ils se font des ptits bisous".
Cette petite histoire, pour moi, est représentative de notre époque.
D'un côté la plupart des gens qui simplement s'en fichent qu'on tombe amoureux de quelqu'un du même sexe ou d'un sexe différent.
Et de l'autre, les gens qui restent avec des clichés comme "attiré par des garçons = aime le rose" ou "de toute façon ce ne peut pas être sérieux" ou encore "deux petits garçons amoureux, c'est gênant". J'aimais bien la réaction de la mère qui, simplement, s'en fichait et racontait tout ça avec une immense tendresse. J'espère que, bientôt, tout le monde réagira comme ça. Mais nous avons encore du chemin à faire.
mardi 20 novembre 2012
Je ne suis pas un militant
Je ne suis pas un militant, je n'ai jamais aimé l'être. Peut-être parce que je ne suis pas très courageux, ou peut-être parce je ne trouve pas de cause qui justifie que j'y mette mes tripes. Mais en tout cas je ne le suis pas. Même, je n'aime pas parler de politique parce que c'est un sujet pour lequel il est difficile de garder la tête froide et de débattre calmement. Je suis plutôt du genre à faire des bisous et des câlins pour résoudre les problèmes (si si promis, ça aide bien).
Mais j'ai toujours dit qu'il y a un sujet pour lequel je pourrais un jour me transformer en militant et sortir de ma réserve. Un seul sujet. L'homophobie.
J'ai la chance de vivre mon homosexualité sans problème. De mon boulot à mes amis, de ma famille à la paroisse protestante dont je suis membre, tout mon entourage le sait et s'en fiche que je sois gay. Mes parents et mes soeurs sont mes plus grands fans, et quoi que je fasse, à leurs yeux c'est bien. Mon coming-out n'a pas été un moment facile pour mes parents, mais voilà je suis leur fils et ils m'aiment, et ils aiment tout ce que je fait et tout ce que je suis, et s'engueulent avec toute personne qui, en leur présence, manifeste le moindre soupçon d'homophobie (ça a été chaud avec certains de mes oncles et tantes, d'ailleurs).
L'autre jour j'ai parlé avec ma mère. Elle est une spécialiste de l'histoire du droit du mariage, excusez du peu, et pendant des années je l'ai entendu dire que le mariage c'était un homme et une femme, point. Le jour où elle a su que j'étais gay, imaginez à quel point elle a eu mal pour moi de ses propos et de comment ils m'avaient blessé. Et elle s'en veut encore. Dimanche donc, j'ai parlé avec ma mère. De sa position sur le mariage. On n'en avait jamais reparlé depuis au moins 10 ans. Et là elle m'a dit "pour les hétéros cela ne changera rien. Et pour les homos cela donnera l'égalité. Donc je suis pour le mariage pour tous. Et je ne comprends pas ceux qui manifestent contre : qu'est ce que ça va bien changer pour eux ?!". I love my Mum. Quant à mon père, depuis toujours, ce vieux post-soixante-huitard dit "je suis pour tout ce qui va dans le sens de l'égalité". I love my Dad.
Je m'égare, je ne voulais pas parler autant de mes parents à la base mais c'est la faute de ThyHee.
Donc, j'ai la chance d'être un gay qui ne subit pas l'homophobie. Ceci dit, c'est le cas aujourd'hui mais ça n'a pas été le cas avant. Les brimades au collège et au lycée parce que j'étais maniéré, j'y ai eu droit. Les insultes aussi "tapette", "tarlouze" je connais. L'envie de se suicider, le sentiment d'être perdu et seul, je sais ce que c'est.
Alors l'homophobie et ses manifestations me remuent les tripes. Ca me touche au plus profond de moi. Le fait même d'écrire cela me le fait revivre et me fait pleurer.
Et quand je vois et j'entends tous ces gens vomir sur nous, déverser leur haine, juste parce que je suis (un peu) différent d'eux, ça me bouleverse. Ca me rappelle des temps que j'aurais préféré oublier. Ces connards me font pleurer, m'empêchent de dormir et me retournent le coeur.
Mais... ils n'ont pas gagné. Même, ils ont déjà perdu. Parce que de toute façon cette loi passera. Parce que, grâce à ces connards qui vomissent sur nous, tous les gays qui pensaient que nous étions totalement intégrés dans la société se rendent compte que c'est une erreur, que rien n'est gagné, et que nos droits on devra rester vigilants pour les garder ; que l'homophobie existe encore et qu'elle est puissante, avec des soutiens.
Ces connards homophobes ont déjà perdu, parce qu'aujourd'hui des voix, parmi toute la société civile et même religieuse, commencent à s'élever contre ce déferlement de haine. Parce que même ceux qui étaient favorables au mariage pour tous mais s'en fichaient du débat, on commence à les entendre.
Je ne suis pas un militant, je n'ai jamais aimé l'être. Ah si. Là aujourd'hui je suis un militant. Un militant du mariage pour tous. On va gagner, et on va gagner ensemble. Et jusque là, on ne lâchera pas.
Mais j'ai toujours dit qu'il y a un sujet pour lequel je pourrais un jour me transformer en militant et sortir de ma réserve. Un seul sujet. L'homophobie.
J'ai la chance de vivre mon homosexualité sans problème. De mon boulot à mes amis, de ma famille à la paroisse protestante dont je suis membre, tout mon entourage le sait et s'en fiche que je sois gay. Mes parents et mes soeurs sont mes plus grands fans, et quoi que je fasse, à leurs yeux c'est bien. Mon coming-out n'a pas été un moment facile pour mes parents, mais voilà je suis leur fils et ils m'aiment, et ils aiment tout ce que je fait et tout ce que je suis, et s'engueulent avec toute personne qui, en leur présence, manifeste le moindre soupçon d'homophobie (ça a été chaud avec certains de mes oncles et tantes, d'ailleurs).
L'autre jour j'ai parlé avec ma mère. Elle est une spécialiste de l'histoire du droit du mariage, excusez du peu, et pendant des années je l'ai entendu dire que le mariage c'était un homme et une femme, point. Le jour où elle a su que j'étais gay, imaginez à quel point elle a eu mal pour moi de ses propos et de comment ils m'avaient blessé. Et elle s'en veut encore. Dimanche donc, j'ai parlé avec ma mère. De sa position sur le mariage. On n'en avait jamais reparlé depuis au moins 10 ans. Et là elle m'a dit "pour les hétéros cela ne changera rien. Et pour les homos cela donnera l'égalité. Donc je suis pour le mariage pour tous. Et je ne comprends pas ceux qui manifestent contre : qu'est ce que ça va bien changer pour eux ?!". I love my Mum. Quant à mon père, depuis toujours, ce vieux post-soixante-huitard dit "je suis pour tout ce qui va dans le sens de l'égalité". I love my Dad.
Je m'égare, je ne voulais pas parler autant de mes parents à la base mais c'est la faute de ThyHee.
Donc, j'ai la chance d'être un gay qui ne subit pas l'homophobie. Ceci dit, c'est le cas aujourd'hui mais ça n'a pas été le cas avant. Les brimades au collège et au lycée parce que j'étais maniéré, j'y ai eu droit. Les insultes aussi "tapette", "tarlouze" je connais. L'envie de se suicider, le sentiment d'être perdu et seul, je sais ce que c'est.
Alors l'homophobie et ses manifestations me remuent les tripes. Ca me touche au plus profond de moi. Le fait même d'écrire cela me le fait revivre et me fait pleurer.
Et quand je vois et j'entends tous ces gens vomir sur nous, déverser leur haine, juste parce que je suis (un peu) différent d'eux, ça me bouleverse. Ca me rappelle des temps que j'aurais préféré oublier. Ces connards me font pleurer, m'empêchent de dormir et me retournent le coeur.
Mais... ils n'ont pas gagné. Même, ils ont déjà perdu. Parce que de toute façon cette loi passera. Parce que, grâce à ces connards qui vomissent sur nous, tous les gays qui pensaient que nous étions totalement intégrés dans la société se rendent compte que c'est une erreur, que rien n'est gagné, et que nos droits on devra rester vigilants pour les garder ; que l'homophobie existe encore et qu'elle est puissante, avec des soutiens.
Ces connards homophobes ont déjà perdu, parce qu'aujourd'hui des voix, parmi toute la société civile et même religieuse, commencent à s'élever contre ce déferlement de haine. Parce que même ceux qui étaient favorables au mariage pour tous mais s'en fichaient du débat, on commence à les entendre.
Je ne suis pas un militant, je n'ai jamais aimé l'être. Ah si. Là aujourd'hui je suis un militant. Un militant du mariage pour tous. On va gagner, et on va gagner ensemble. Et jusque là, on ne lâchera pas.
mardi 4 septembre 2012
60 000 tweets
Voilà c'est le 60 000ème tweet. Le premier que j'ai écrit date de mai 2009...
60 000 tweets dont :
- beaucoup de bonjour, de hello, et de bisous
- plein de hugs ("je suis le grand nounours qui fait des calins")
- les salutations noctambules "Je vous aime et je vous embrasse (c'est une citation, savez vous de qui ?)
- un certain nombre de tweets pornos avant que je déménage les interactions de mon tumblr sur un autre compte Twitter
- de l'informatique
- des transports en commun
- le quotidien.
Mais au delà des tweets proprement dits, il y a aussi tous l'aspect humain. Les rencontres que j'ai pu faire grâce à Twitter. Des potes, mais aussi de vrais amis. De ceux sur qui on peut compter. Quelques aventures, et une très belle histoire aussi, un an avec mon loulou avant qu'il ne parte loin. Les apéros, les soirées, les fêtes...
Alors, qu'on ne me dise pas que Twitter c'est du virtuel et du superficiel. Ceux qui écrivent ça sont ceux qui ne s'en servent pas, ou qui n'essayent pas d’interagir avec les gens.
Pour ma part, je pense que j'ai eu de la chance. J'aurais pu tomber sur de mauvaises personnes, ou bien passer sur Twitter et ne pas rester. Heureusement, cela n'a pas été le cas.
Merci mes followings, merci mes followers :)
60 000 tweets dont :
- beaucoup de bonjour, de hello, et de bisous
- plein de hugs ("je suis le grand nounours qui fait des calins")
- les salutations noctambules "Je vous aime et je vous embrasse (c'est une citation, savez vous de qui ?)
- un certain nombre de tweets pornos avant que je déménage les interactions de mon tumblr sur un autre compte Twitter
- de l'informatique
- des transports en commun
- le quotidien.
Mais au delà des tweets proprement dits, il y a aussi tous l'aspect humain. Les rencontres que j'ai pu faire grâce à Twitter. Des potes, mais aussi de vrais amis. De ceux sur qui on peut compter. Quelques aventures, et une très belle histoire aussi, un an avec mon loulou avant qu'il ne parte loin. Les apéros, les soirées, les fêtes...
Alors, qu'on ne me dise pas que Twitter c'est du virtuel et du superficiel. Ceux qui écrivent ça sont ceux qui ne s'en servent pas, ou qui n'essayent pas d’interagir avec les gens.
Pour ma part, je pense que j'ai eu de la chance. J'aurais pu tomber sur de mauvaises personnes, ou bien passer sur Twitter et ne pas rester. Heureusement, cela n'a pas été le cas.
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